Tanneurs, chamoiseurs, corroyeurs ,hongroyeurs, bourreliers, cordonniers…

Des activités multiséculaires liées au tannage des peaux

Le Bout du pont en 1841

lithographie de Hyacinthe Lorette (1794-1872) parue en 1842 dans le livre de Emile Ducrest de Villeneuve “Le château et la commune“

Le pont est celui reconstruit partiellement en 1719 par le marquis de La Bourdonnaye.

En haut, église Saint-Nicolas construite avant 1626.

et sur la droite “la maison de ville“ avec l'horloge en façade.

Le bâtiment au fond à gauche de l’extrémité du pont pourrait être la Chamoiserie.

Tout à fait à gauche, le pignon de la maison de Julien Bizeul.

La maison avec les lucarnes en toiture, est celle de Julien Siloret.

Tout à fait à droite, le moulin à grain bâti sur une parcelle désignée comme le Courtin du moulin appartenant à Julien Bizeul.

Ci-dessous, le même bâtiment en 1903 avant sa démolition.

 Sur cette vue de La Gacilly, on aperçoit encore le bâtiment de la chamoiserie construite en 1772.

Celle-ci dont la demande d'expropriation a été faite en 1878, ne sera démolie qu'en 1904

Au XIXe siècle, une tannerie est toujours placée sur le bord d’une rivière du fait que cette activité manufacturière a besoin de l’usage continuel de l’eau pour procéder à la préparation et au tannage des peaux. À La Gacilly le bâtiment de la chamoiserie était situé dans la partie basse de la rue de la Louiserie (rue La Fayette actuelle) près du bout du pont sur le bord de l’Aff.

 

 Les parcelles n° 1531 et n° 1532, propriété de Pierre Mathurin Soulaine en 1824

 

Pierre René SOULAINE n'est pas chronologiquement le premier, mais seulement l’un des nombreux tanneurs ayant exercé cette activité. Né le 26 mars 1749 à La Gacilly. Il est le fils de Jean Soulaine marchand et de Julienne Devinel, mariés le 16 février 1740 à La Gacilly. L’épouse de Pierre est Marie Morice née le 18 avril 1760 aux Fougerêts. Ils se marient le 11 janvier 1779 aux Fougerêts et auront 13 enfants entre 1779 et 1801, dont l’un d’entre eux : François Vincent Mathieu, né le 14 janvier 1781, sera également tanneur. Selon la chronologie des actes où il apparaît (baptême, mariage, sépulture) l'activité professionnelle de Pierre René Soulaine est soit marchand, soit marchand de drap, soit tanneur.

C’est un autre de ses fils, Pierre Mathurin né le 21 décembre 1779 marié le 21 février 1811 à Françoise Polignier, qui est cité sur la matrice cadastrale de 1824, comme propriétaire des parcelles n° 1531 et n° 1532, et marchand de draps à La Gacilly. Il était également “sergent-fourrier" de la garde nationale de 125 hommes. L’usage du bâtiment n° 1531 étant répertorié comme le Moulin de la chamoiserie.

Sur le cadastre de 1824 de La Gacilly (section E du bourg), on aperçoit le pont et ce qui n'est pas encore le déversoir. Le moulin à eau de la chamoiserie et ses dépendances sont répertoriés sous le n° 1531. Le bâtiment où se pratiquait l’activité de tannage de la chamoiserie apparaît sous le n° 1532. Le n° 1516 est nommée l’Ilette de la Tannerie.

Sur la matrice cadastrale, Le propriétaire de ces trois parcelles est Pierre Soulaine, marchand de drap à La Gacilly.

La chamoiserie, démolie en 1904 aurait été construite en 1772.

Le recensement de 1841 à La Gacilly (section E, le Bourg) répertorie à la maison n° 37, le ménage n° 44, un fils de Pierre René Soulaine (1749-1806), tanneur) et de Marie Morice (1760-1834)

  • 211 - Soulaine François Mathurin 60 ans, tanneur, marchand, chef de ménage (1781-1846)
  • 212 - Guillemotte Mathurine 57 ans, femme du précédent
  • 213 - Pinel François 4 ans, petit-fils des dits (précédents)

Ouvrier tanneur qui débourre avec le couteau rond, sur le chevalet, une peau

Sur cette vue, extraite d'un recueil de planches de l'Encyclopédie Diderot et d'alembert, un ouvrier tanneur est en train de rincer une peau dans l'eau courante, tandis qu'un deuxième déplace des peaux d'une cuve à une autre et les met à tremper. Un troisième (dessin figure 3) “débourre“ une peau posée sur un chevalet. C'est ce qui constitue “le travail de rivière“. Les peaux ainsi préparées passeront dans une autre atelier où se fait le “plamage“ à la chaux, avant de commencer les procédures de tannage.

Le chevalet sur lequel l'ouvrier travaille est une pièce de bois semi-cylindrique, sur laquelle il étend une ou deux peaux pour faire une couche sur laquelle il étend ensuite la peau qu'il veut dépiler. Il contient la peau sur le chevalet en appuyant avec son corps ; tenant ensuite le couteau demi-rond qu'il conduit de haut en bas (raclage) pour faire tomber le poil dont le “plamage“ par la chaux ou les “passements“ dans des cuves ont préalablement détruit l'adhérence. Ce poil est ensuite recueilli et lavé,  et forme la bourre que les tapissiers emploient au lieu de crin pour garnir différents meubles. L'autre côté de la peau a d'abord été “décharné“ avec un couteau dont la lame est tranchante.


cette vue de l'encyclopédie représente un atelier de chamoiserie.

Beaucoup d'affinités existent entre les activités de tannage, chamoiserie, de mégisserie, corroyage et hongroyage.

fig. 1 - Ouvrier qui lave les peaux à la rivière.

fig. 1 n° 2 - Ouvrier qui lave les peaux dans un timbre (ou grand baquet).

fig. 2 - Ouvrier qui retaille les peaux sur un chevalet.

fig. 3 - Ouvrier qui retaille les peaux pour la seconde ou troisième fois.

fig. 4 -  Ouvrier qui, avec des forces coupe l'extrémité des brins de laine qui sont gâtés. Cette opération se fait après que les peaux ont été déchaussenées, et avant que de les dépeller.

fig. 5 - Ouvrier qui enchaussenne les peaux du côté de la chair.

fig. 6 - Un des deux ouvriers qui étend les peaux (la chair en-dedans), après qu'elles ont été enchaussenées.

fig. 7 - Ouvrier qui se sert de l'enfonçoir pour plonger les peaux dans le plain (ou cuve).

fig. 8 - Ouvrier qui jette les peaux dans le plain (ou cuve)

Quelques uns des principaux outils utilisés par les chamoiseurs

fig. 1 - Enchaussenoir dont se sert l'ouvrier de fig. 5

fig. 2 - Forces dont se sert l'ouvrier de la fig. 4

fig. 3 - Chevalet dont se servent les ouvriers des fig. 2 et 3

fig. 4 - Enfonçoir dont se sert l'ouvrier de la fig. 7

fig. 5 - Râteau servant d'écumoire pour nettoyer les plains (ou cuves)

fig. 6 -  Couteau à retailler, 11 et 12, les poignées 14 profil de la lame de ce couteau

fig. 6 n° 2 - Pelloir dont se sert l'ouvrier, fig. 1

Cette vue représente un atelier de dégraisserie,

dans lequel des ouvriers travaillent à différentes opérations de préparation des peaux.

fig. 1 - Ouvrier qui dépelle,  (détache la laine de dessus la peau avec le pelloir ou le couteau à retailler. 

fig. 2 - Dégraisseur qui tord les peaux avec la bille ou le bâton qui en tient lieu.

fig. 3 - Ouvrier qui ouvre ou dresse les peaux sur le palisson.

fig. 4 - Ouvrier qui pare à la lunette. p, la lunette

fig. 5 - Ouvrier qui écharne, rase ou effleure avec le couteau à écharner.

fig. 6 - Ouvrier qui pousse la guinée, (il la ratisse avec le fer à pousser).

Quelques autres éléments utilisés par l'ouvrier chamoiseur

fig. 1 - Bâton ou bille de bois

fig. 2 - Fer à pousser

fig. 3 - Palisson

fig. 4 - Paroir de l'ouvrier, fig. 6

fig. 5 - La bille

Planche de l'encyclopédie représentant un moulin à foulon (fig. 3).

L'arbre vertical (A,B) de ce moulin sur lequel est monté un rouet, garni de 48 alléchons. Cet arbre est au centre d'un manège et tourne au moyen du levier (G) au palonnier duquel on attèle un cheval.

Le moulin à foulon de La Gacilly du Bout du pont est, quand à lui,

alimenté par l'eau de la rivière “Aff“ et par l'intermédiaire d'un “coursier“ou canal d'amenée.

L'eau s'y engouffre plus aisément. Son débit et sa force motrice met en mouvement une roue verticale à aubes ou à augets.

le principe de fonctionnement :

Un cage ou charpente en bois, contient des maillets contigus et mobiles situés à l'extrémité de levées ou pièces de bois, lesquelles actionnées par le passage des rouleaux vont se lever successivement et retomber les unes après les autres dans des piles dans lesquelles auront été placées les draps à fouler.

L'extrémité des maillets est dentelée et vient les marteler plus ou moins fortement.

le travail sur les draps :

Ce travail a une double fonction : dégraisser le tissu au plus profond et feutrer les brins de laine sous l'action répétée des battoirs (levées) du foulon mus par la roue hydraulique. Les fibres de laine se mêlent intimement.

Les maillets frappent en oblique le tissu plié, pour qu'il se retourne naturellement et régulièrement. Cette pression modérée échauffe l'étoffe gorgée d'un mélange d'eau et d'ingrédients savonneux comme la terre à foulon, l'urine ou le carbonate de soude.

Les foulonniers consacrent le reste du temps à tisser ou à teindre.Ils utilisent des cuves en cuivres ou des “tonnes“ en terre cuite avivés par la flamme d'un foyer.

Moulin à maillets à façon de Hollande (fig. 1) et Moulin à foulon traditionnel ou moulin de France (fig. 2)
Moulin à maillets à façon de Hollande (fig. 1) et Moulin à foulon traditionnel ou moulin de France (fig. 2)

Moulin à maillets ou moulin à foulon (pl. X) de l'Art de la draperie de Duhamel de Monceau

Figure 1

a, arbre tournant qui est emporté par la roue à aubes

b, cet arbre est garni dans sa longueur de cames ou levées p

p, cames qui soulèvent les maillets par la partie M

N - coin qui sert à affermir le maillet C sur son manche M

M - ces manches sont traversées en K par un boulon L qui est le centre de leur mouvement : les maillets C ont une dent ou échancrure en O

A -  très grosse pièce de bois dans laquelle sont creusées les piles ou pots B. Il y a toujours deux maillets qui frappent dans la même pile, ainsi qu'on le voit représenté : chaque couple de maillets est séparé par une pièce de bois R, qui leur sert de conducteur : on en voit en Q, une chaîne à laquelle on accroche les maillets lorsqu'on ne veut pas qu'ils travaillent.

Figure 2

appelée aussi la machine, est un dégorgeoir 

Les maillets sont suspendus presque perpendiculairement par le tourillon L, qui est le centre de leur mouvement ; Ils frappent presque horizontalement, mais avec beaucoup moins de force que les maillets de la première figure

a, arbre tournant qui porte les cames

p, les cames attrapent les manches des maillets par la partie M

c, maillet fermement attaché au manche K par le coin N. Ce maillet est arrondi, et il a une dent en O

B - pile creusée dans une pièce de bois qui s'étend jusqu'en d

A -  la pièce de bois A, doit être très-forte pour n'être point ébranlé par les coups des maillets

b, est le dessous de la pile qui doit être très-près du dessous des maillets c

Figure 3

Est uniquement destinée à faire voir une roulette S, que l'on ajuste quelquefois à la pièce M, et qui diminue le frottement des cames p, en donnant plus de facilité à la machine de tourner.

Figure 4

Pile ou pot du moulin de la figure 1, dans lequel on voit la pièce de drap roulée et pliée en rond : on l'arrange quelquefois en 

zig-zag, comme dans la figure 5.

 

Atelier des Laineurs

(pl. XIII - Art de la draperie de Duhamel du Monceau - 1765)

dont la fonction est de tirer les poils du drap avec les griffes d'une plante, 

le chardon à lainer (Dipfacus feu Carduus Fillonum) 

fig. 1 - ouvrier occupé à nettoyer les chardons avant de les reporter à la cabane.

fig. 2 - un ouvrier monte les chardons sur une croix.

fig. 3 -  ouvriers au travail. Une pièce de drap est passée sur deux perches AA, BB, pend dans le bac C, et deux ouvriers DE, tiennent dans une de leurs mains une crois garnie de chardons et dans l'autre une croix vide. L'un et l'autre élèvent et abaissent en même temps leurs bras.

fig. 4 - tête de chardon. On y voit les crochets qui doivent prendre dans la laine.

fig. 5 - croix sur laquelle sont montés les chardons

fig. 6 - croix sur laquelle l'ouvrier a monté les chardons

Extrait de texte du moulin à foulon de Gaumier à Cugand sur les bords de la Sèvre Nantaise.

Henry Gouraud le dernier foulonnier du moulin de Gaumier, avait arrêté son activité en 1955. Le conseil général de Vendée en 1998 décide de racheter les bâtiments et les terrains pour les sauver et les valoriser. La mise en valeur de l'ensemble et la restitution des éléments disparus ont été confiées à La Conservation du Patrimoine qui a fait restituer un des trois foulons ainsi qu'une machine à lainer. On peut ainsi découvrir l'ensemble du processus du travail de la laine, de la tonte au tissage, du foulonnage à la teinture.

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Art de la draperie 1765 de Duhamel du Monceau

“Un drap en toile qui sort du métier est mou, lâche et mince, souvent percé de quantité de petits trous, quoiqu'il ait été bien travaillé, quoique la trame ait été frappée autant qu'il soit possible et par de bons ouvriers ; ce même drap, après avoir été foulé, est infiniment plus ferme sans être dur ; il est moins mou et cependant plus moelleux ; il est plus serré, quoique les fils qui forment son tissu, aient perdu une partie de leur substance“. Et Henry Gouraud poursuit : “D'ailleurs, pour moi le nom de mon village, “Gaumier“ est lié à l'usage qu'on a fait du moulin. Gaumier vient de ‘gommer“ comme gommer le drap avec le foulon pour le dégraisser et le feutrer“.

Henry Gouraud revit une journée au moulin de Gouro.

“La veille au soir de notre journée au moulin, on va déposer le tissu à côté du foulon. Le lendemain matin, à 8 heures, on commence par plier trois coupes de 50 mètres de tissu mouillé entre la pile et les mails (levées avec maillets). Alors, on foule pendant environ trois heures suivant la nature du tissu, qui roule tout seul au gré des coups de mail de sorte qu'il soit foulé régulièrement. Ensuite, le “pelle“ de vannage est baissée rapidement et les mails sont accrochés pour sortir le tissu sur le plancher. On fait ici une “détorse“ : le drap humide et chaud est démêlé durant trente minutes. À nouveau, on le foule pendant trois heures et une autre détorse de trente minutes, puis on le foule une troisième fois et une nouvelle détorse. La laine du tissu a un peu diminué. Vient alors l'étape du dégraissage d'environ une heure à une heure et demie où le tissu est foulé pour être lavé à l'aide de carbonate de soude, ensuite remplacé par l'oléine, mélangée à de l'eau versée grâce à un petit canal. Enfin, le drap est jeté sur une table, appelée “selle“ pour être plié convenablement. Il s'y égoutte toute la nuit. Le lendemain, il est séché dans la prairie sur des “poulies“, ou étendoirs, sur lesquelles le tissu est accroché. Désormais sec, le drap est installé dans la laineuse qui vient le griffer à l'aide de chardons pour en tirer délicatement les filaments. Un duvet de feutre doux et serré apparaît à la surface. Less têtes de chardon, nommées aussi cardères, vont chercher au plus profond du drap les brins de laine pour les redresser. Après la laineuse,,une presse à drap, lustre les étoffes : c'est le catissage. Pressés entre deux plaques de fonte chaude, les poils du drap perdent leur ressort et leur élasticité mais gagnent en éclat à la lumière du jour.“

têtes de chardons montés sur une machine à lainer appelée aussi “laineuse“ (moulin à foulon de Gaumier (Cugand - 85). Elle vient griffer le drap pour lui offrir une qualité et une douceur agréable.
têtes de chardons montés sur une machine à lainer appelée aussi “laineuse“ (moulin à foulon de Gaumier (Cugand - 85). Elle vient griffer le drap pour lui offrir une qualité et une douceur agréable.
Machine à lainer ou “Laineuse“ (moulin à foulon du Gaumier (Cugand - 85)
Machine à lainer ou “Laineuse“ (moulin à foulon du Gaumier (Cugand - 85)

 En 1670, un des premiers tanneurs est un THOMAS

qui tient le moulin à foulon à La Gacilly

 

Six générations THOMAS se succèdent entre 1600 et 1800. Ils exercent divers métiers dont ceux de meunier, Tisserand, cordonnier, chamoiseur, tanneur, blatier…  et ont souvent selon les générations, une autre activité d’appoint : laboureur, cultivateur, boucher, tissier en toile, peigneur de laine…

La famille THOMAS, par mariage, tisse des liens avec les familles COUÉ, AMELINE, NICOLAS, JAGU, DESVEAUX, GICQUEL, MABON… Au quotidien, ces familles se côtoient, se connaissent, se co-optent. Le métier de l’un s’exerce dans la famille de l’autre. les unions se créent. Janne, la fille de François AMELINE le meunier du moulin du Bout du pont, convole avec Jean, le fils de Bertrand CHESNAYS le tanneur de la Bouère.

L’outil principal et la construction qui “fédère“ ces individus, c’est le moulin à eau  situé sur l’Aff au Bout du pont. Les bâtiments situés sur la rive gauche près de l’hôpital Saint-Jean et sur la rive droite où se situe, à partir de 1772, une chamoiserie, intègrent à la fois un moulin à foulon utilisé pour la tannage des peaux et un moulin à grain pour moudre des farines de froment, de seigle…

 

Ce lieu-dit du Bout du Pont a toujours été un passage resserré sur la rivière la rivière l’Aff. Selon le débit de l’eau, selon la saison, traverser l’Aff pouvait s’avérer un moment délicat. Cet endroit-clé, représente avant la lettre un “HUB" de transit, un carrefour de routes que les voyageurs, les pèlerins, les marchands devaient emprunter pour se rendre aux foires et marchés pour y vendre leurs produits, bétails, etc. Des mendiants, mais aussi de pauvres hères parfois égarés, se retrouvent en attente  et parfois en souffrance à ce passage obligé. L’hôpital Saint-Jean est là, au pied des hauteurs de la grée Saint-Jean sur la rive gauche de l’Aff, pour les accueillir, les aider, les héberger, les soigner avant qu’ils reprennent le chemin de Sixt pour rejoindre Pipriac ou Rennes, ou bien en traversant L’Aff et en empruntant les chemins des hauteurs de Graslia pour se diriger vers les Fougerêts, Ruffiac, Saint-Martin-sur-Oust ou Guer. En 1670, le gardien de l’hôpital Saint-Jean est Jean Brien. Marié à Marie Coyac, il auront six enfants entre 1696 et 1704. Jean Brien est aussi “blanchisseur“, demeurant fermier en la maison de l’hôpital général de cette ville (1703). 

Un autre personnage est cité comme gardien de l’hôpital de La Gacilly : Gabrielle Tranchant, mariée à Pierre Rouxel. A son décès le 25 février 1670, sont témoins, sa fille Janne Rouxel et Julien Coyac son gendre, demeurant au dit hôpital.

Pierre Rouxel décédé le 21 décembre 1649 est dit : "gardien de l’hospital Saint-Jean".

Un quatrième personnage est cité comme gardien de l’hôpital Saint-Jean : Julien Coyac né vers 1623. Il se marie à Mathurine Bizeul et aura 8 enfants entre 1672 et 1684 . Marie Coyac l’une de leurs filles née le 14/12/1672 a pour marraine Janne Ameline, fille de François Ameline, meunier aux Moulins de La Gacilly. Pierre Coyac, l’un de leurs fils, né vers 1665 et marié le 25/09/1685 à Anne Aeoul (il est dit pour lui aussi qu’il demeure à l’hôpital Saint-Jean, paroisse de Cournon).

Ci-dessus : Acte de décès en 1687 de Jan Thomas, meunier (1ere génération)

Jan Thomas meunier demeurant en cette ville de La Gacilly décédé du jour d’hier a été enterré en l’église de La Gacilly par messire Marc Labouret prêtre curé de la dite église. Ont assisté au convoi Jan Thomas, Guy Thomas, ses fils, François Priou et plusieurs. autres de la dite Gacilly et qui ne signent. Ce second jour de juillet mil six cent quatre vingt sept. Marc labouret  prêtre 

Jean THOMAS (? - 1687) Meunier

Vincent THOMAS (1765 -  > 1798) chamoiseur tanneur

Vincent Thomas (5e génération) est chamoiseur (1790) et tanneur (1794). Marié le 23 novembre 1790 à Jeanne Mabon. A leur mariage, un des témoins : Jean Bizeul était cité comme ayant la profession de tanneur.

Un de leur fils Louis Vincent Thomas, né le 17 novembre 1794, aura comme parrain : Louis Homet, aussi tanneur.


Le Bout du Pont (cadastre de 1824 de Cournon)

n° 4 ancienne chapelle Saint-Jean

n° 5  enclos et n° 6 bâtiment de l'hôpital/aumônerie Saint-Jean

Le chemin entre les bâtiments vient de Redon (du sud) pour aller vers Sixt-sur-Aff (vers le nord)

Joseph Marie Grinsart dit Lasalle, le père. Notaire et sénéchal du comté de Rieux au siège de Peillac, procureur fiscal du marquisat de Sourdéac, époux de marie Elisabeth Simonnet de Rennes, acheta le 18 juin 1783, les anciens locaux de l’Hôpital Saint-Jean au Bout du Pont avec la chapelle et l’enclos de l’aumônerie Saint-Jean 

Le Bout du Pont (rive gauche). Vue prise après 1904

En arrière-plan on aperçoit un bâtiment sur la  façade duquel est peint “HÔTEL du COMMERCE“. Cette maison se situe sur la commune de Cournon (rive gauche de l'Aff) et sur l'ancien emplacement de la chapelle Saint-Jean. et construite après 1873.

Le pont que l'on aperçoit a été reconstruit en 1869.

Les lavandières au premier-plan (rive droite de l'Aff) n'ont pas encore de lavoir.

 En arrière-plan on aperçoit un bâtiment sur lequel est peint “Hôtel du commerce“. Cette maison se situe sur la commune de Cournon et sur l'emplacement de l'ancienne chapelle Saint-Jean. À l’extrémité du pont, les maison, chapelle et clos de l’Aumônerie Saint-Jean, furent vendus le 18 juin 1783, par noble homme Jacques Hyacinthe de Lespinay, administrateur et économe de l’hôpital Saint-Nicolas de Vannes, à maître Joseph-Marie Grinsart, sieur de Lasalle, sénéchal du comté de Rieux au siège de Peillac, et procureur fiscal du marquisat de Sourdéac, demeurant alors en la ville de La gacilly, à charge de faire abattre et démolir immédiatement les murs croulants dudit hôpital, et de rebâtir en leur place, sans être tenu toutefois de le faire dans les mêmes proportions, un rez-de-chaussée, seulement avec grenier et salorge, et de payer en outre à l’hôpital de Vannes, chaque année, la somme de 36 livres de rente foncière annuelle, perpétuelle et infranchissable.


Vers 1680 Julien Poligner (1640 - 1695) est cité comme laboureur, métayer et tanneur

 

Autres tanneurs dans le tableau de descendance sur dix générations de Jan Poligné et Jacquette Jan.

Au fil des générations, des liens se sont établis par des mariages avec les familles Metayer, Ameline, Perré, Bizeul, soudaine, Mabon, Bourrée, Villerio et Razé. Certains individus sont cités dans les registres paroissiaux comme parrain ou témoin d'évènements soit de baptême, de mariage ou de sépulture. Le prêtre ou l'officier d'état civil  qui rédige l'acte cite la profession des parrains et marraines ou des témoins du mariage. Ils exercent divers métiers dont celui de tanneur, ou bien laboureur, ou aubergiste, boulanger, sabotier... 

C'est le cas (2e génération) pour Julien Poligner (°21 octobre 1640 - + 8 mars 1695), tanneur, époux de Anne Métayer (°16 novembre 1645 - + 20 mars 1718) et pour Julien Perré (1645 - + 6 août 1697),  tanneur, marié à Jeanne Poligné  (°2 février 1646 - +30 octobre 1699), (la sœur de Julien).

C'est aussi le cas (5e génération) de Julien Bizé (°1767 - + 24 mars 1861), tanneur, époux de Marie Plet. Le père de Julien était aubergiste à l'enseigne du Lion d'Or.

 

À la 6e génération, on trouve Louis Poligné (°2 décembre 1800 à Renac et + 23 février 1866 à Sixt sur Aff). Il a d'abord été sabotier (1829) puis entrepreneur (marchand de bois), puis aubergiste en 1841 à l'hôtel des voyageurs, puis en 1856 cité comme propriétaire du moulin à grain et de la chamoiserie. Il est aussi propriétaire du bâtiment de l'ancienne gendarmerie qui abritera l'hôtel Bourrée du nom de son gendre. Ducrest de Villeneuve le cite comme sergent-major de la garde nationale de 125 hommes. Il était alors marchand de bois.

Louis Poligner est recensé en 1841 rue Lafayette comme aubergiste âgé de 35 ans. Son épouse Vincente Mabon est veuve de Mathurin Vincent Villerio (aussi aubergiste et maréchal, taillandier) dont elle aura deux enfants Mathurin né en 1819 et Jeanne née en 1823 qui épousera François Poligné, Marie-Joseph Villerio qui épousera Joseph Razé et dont un des descendants (de la 10e génération) n'est autre que Alexandre Razé, minotier au moulin de Gouro. En 1841, sont aussi recensés comme domestiques : Jean Coyac 36 ans, Jean Dréano 22 ans et Louise Saloux 22 ans

Louis Poligné et Vincente Mabon auront comme enfants : Marie Louise née le 28 mars 1829, qui épouse le 14 novembre 1852, Joseph Bourrée.  Julienne née le 5 juillet 183, qui épouse à Sixt le 29 avril 1856, Pierre Denis. François né le 6 août 1832 et qui épousera Jeanne-Marie Villerio (la fille de Vincente Mabon de son premier mariage).


Louis Viviers 1741 - 1804 négociant, tanneur et agent municipal de La Gacilly

Louis Viviers naît vers 1741 dans la paroisse de Châtre dans le Dauphiné. Il épouse le 7 novembre 1794 (17 brumaire an III) à La Gacilly, Marie-Anne LE GALL (1758 - 1830) veuve de Noël Le Quéré de Plonéour (Finistère) et fille de Gilles Joseph LE GALL, ancien notaire et procureur fiscal de La Bourdonnaye, juge au tribunal révolutionnaire de Roche-des-Trois. et demeurant Roche des Trois (1794) et commissaire du directoire exécutif près la municipalité de La Gacilly. Mariage célébré par René-Noël RUBAULT. Les témoins du mariage sont Joseph Morice, tisserand, jean Cheval, agent national et notaire public, Mathurin Boucher, blatier, Joseph Antoine du Filhol, négociant, domicilié de La gacilly depuis le 5 vendémiaire an III.

 

Louis Viviers fut également le premier maire de La Gacilly au début de 1790 jusqu’en 1792. le 3 novembre 1790, il est parrain de la deuxième cloche de l’église St-Nicolas.

L'abbé Cherel dit de lui : qu'il n’apporta guère de zèle et d’activité à l’exercice de son mandat, ce qui valut aux Gaciliens deux années de tranquilité relative. “patriote sans conduite préférant le vin à tout le reste“

 À propos de Le Gall : “Commissaire du directoire exécutif. Patriote sans conduite, préférant le vin à tout le reste“ , fiche commentaire sur des personnages aux archives nationales établies par 2 étudiants parisiens.

 

Louis Viviers, ancien tanneur et, pour le moment, négociant, habitait le prebytère (qui ne le deviendra qu'à partir de décembre 1828)rue Lafayette. Le presbytère avec cour et jardin murés fut acquit par la commune, le 18 décembre 1828, d’avec Marie-Anne Le Gall, veuve Viviers, pour la somme de 5 000 fr. Avant cette époque, les ecclésiastiques n’avaient pas de presbytère et étaient obligés de louer des maisons particulières.

 

C’est dans la rue et place du Port que l’on remarque la Chamoiserie, édifice construit en 1772 par une société d’actionnaires, sous la direction de messieurs Dufilhol de Lorient et Louis Viviers de La Gacilly qui construit un bâtiment près du pâtis Sainte-Julitte et à l’extrémité de la rue de la Louiserie (rue Lafayette). Ce bâtiment prend le nom de chamoiserie, car les peaux tannées y sont préparées. Cette fabrique qui emploie d’abord un grand nombre d’ouvriers ne peut se soutenir et fait faillite. 

Le 10 novembre 1794 Louis Viviers présente aux membres du conseil municipal de La Gacilly une commission par laquelle il est nommé par l’administration de Roche des Trois, commissaire pour surveiller les tanneurs de ce canton.

Le 8 juin 1795,  “Pendant que les Chouans attaquent La Gacilly, et qu’un groupe occupe l’ancien presbytère habité par Viviers et descend s’assurer du pont, Jean Grimaud, laboureur, dès le commencement de l’attaque voit “effoncer“ la porte de la tannerie Dufilhol et cinq hommes armés tirant sur le citoyen Dufilhol qui se sauvait.. Le portail de la cour de Viviers fut forcé, la porte de la maison brisée ainsi que les serrures de ses armoires puis il est fait prisonnier et sera amené devant l’état-major des Chouans réunis sur la place.“

 

(registre des biens nationaux) 

1er jour complémentaire an IV. la métairie de la Planchette est vendu pour 2640 fr. L’acquéreur est Louis Viviers

 

Ces trois personnages qui précèdent (Viviers, Le Gall, Dufilhol) font partie de ces notables gaciliens qui par leur activité ou leurs fonctions au sein de la municipalité, représentant un certain pouvoir, une appartenance aux idées républicaines. Ce qui leur vaut d'être la “cible“ des Chouans royalistes. 

 


Jean-Louis LE GUIFF (1723 - < 1795) tanneur

Jean-Louis LE GUIFF*, est originaire de la paroisse Notre-Dame d'Hennebont. Peu d'informations sur ce personnage né en 1723. En 1753, âgé de 30 ans, il est parrain de Jacques François Jan POLIGNIER né le 6 avril 1753 fils de Jacques  POLIGNÉ, marchand et de Marie SOULAINE. Il est témoin le 22 avril 1754 à la naissance de Louise Perrine POLIGNIER, fille de Jacques POLIGNÉ, marchand et de Marie SOULAINE. 

Était-il déjà tanneur, ou était-il laboureur au service de la famille POLIGNÉ ? Pas d'éléments de réponse.

En 1754, année de son mariage avec Perrine MÉTAYER, il semble qu'il demeurait à la Bouère village d'où est originaire son épouse.

Une des filles du couple LE GUIFF-MÉTAYER, Michelle, épouse Pierre MABON déclaré comme meunier et habitant La Bouère. Ce même Pierre MABON est fils d'un autre Pierre MABON meunier du moulin de La Gacilly.

Une des sœurs de Pierre, Jeanne MABON, se marie à Vincent THOMAS (chamoiseur, tanneur et blâtier, famille où l'on trouve beaucoup de meuniers) et dont un des fils, Louis Vincent né le 17 novembre 1794 aura comme parrain/témoin Louis HOMET âgé de 20 ans, tanneur.

Un des frères de Pierre MABON, Julien, marié à Louise POLIGNER, est marchand et dont leur fille Vincente née du second mariage avec Louise Anne MORIN, aura comme marraine Vincente MABON née en 1791 et fille de Julien MABON et Louise POLIGNIER

 

Tous ces personnages se connaissent et s'imbriquent soit à travers le cercle familial ou les relations sociétales. Ils sont liés indirectement les uns aux autres de par leur activité/métier, s'entraident et consolident ce tissu relationnel sur plusieurs générations. 

Le prolongement de ces quelques infos sur l'activité de tanneur, serait la consultation d'actes passés dans les études notariales  par exemple, les successions, héritages, mutations de biens, les inventaires après décès, les acquisitions patrimoniales, etc...

* Le Guiff : celui qui est enjoué, guilleret


Julien BIZEUL (1767 - 1841) Tanneur

Julien BIZEUL né en 1767, épouse le 15 septembre 1795 (29 fructidor an III) à La Gacilly Marie Plet dont il aura 7 enfants.

Mais précédemment, la famille BIZEUL avait tissé des liens avec les familles POLIGNÉ qui eux-mêmes étaient liés à la famille AMELINE, meuniers sur plusieurs générations au Grand moulin de La Gacilly.

Le père de Julien, Jean BIZEUL (1704 - 1786) était aubergiste à l'enseigne du Lion d'Or, suite sans doute à son mariage avec Julienne POLIGNÉ qui elle-même était fille de Julien POLIGNÉ marié à Michelle Ameline boulangère. Cette dernière, fille de Honoré AMELINE (1661 - 1699), meunier demeurant la Ville d'Aval et dont le père François AMELINE (1630 - 1689) était meunier au Grand moulin à grain de La Gacilly au bout du Pont.

Le frère aîné de Julien, Joseph BIZEUL né en 1765, est serrurier et armurier, marié en première noce le 8 septembre 1795 à Marie-René DESCHAMPS, et dont le père est René DESCHAMPS, sergent, garde la la juridiction du marquisat de la Bourdonnais.

Une sœur de Julien, Louise-Jeanne BIZEUL (1769 - 1805) se marie le 10 mai 1791 à Jean-René HERSART, laboureur, aubergiste et marchand qui sera propriétaire de l'auberge du Lion d'Or héritée de son père Jean BIZEUL. Jean Hersart aubergiste jusqu'en 1818, deviendra cabaretier en 1820 et 1822. Une de leurs filles Louise-Mathurine HERSART (1798 - >1863) est mariée à Jacques POLIGNÉ, aubergiste, maître d'hôtel, propriétaire du Lion d'Or.

Une autre sœur de Julien, Marie-Olive BIZEUL (1771 - 1819) se marie le 4 novembre 1794 à Jean CHEVAL, notaire public qui sera agent national puis élu et nommé le 2 décembre 1795 président de l'administration du canton de La Gacilly. Il devient le troisième maire de La Gacilly (après Le Gall et Clemenceau) en 1803 et 1807. Il aura pendent ses mandats des sympathies pour les deux camps (Républicains et Chouans). Une note sur Jean Cheval dit : “Bon patriote, mais un peu trop attaché à ses intérêts et à se concilier le peuple“

Au mariage de Jean CHEVAL, on retrouve beaucoup de tanneurs : Louis Pignaud, chamoiseur, Pierre Soulaine, tanneur, Petit, tanneur, Vincent Thomas, tanneur, Jean Sandenis, tanneur, Joseph provost, chapelier, Joseph Guéheneuc, cultivateur, Joseph Danard, cultivateur“

 

 

L'activité de “tanneur“ de Julien BIZEUL est au croisement d'autres métiers. On se rend compte selon ce contexte, selon l'imbrication relationnelle entre les différentes familles que l'on peut être meunier à une génération métayer à une autre, chapelier à la suivante, boulangère, aubergiste, cabaretier. Tous ces “métiers“ s'enchevêtrent, se pratiquent, les activités se modifient au cours des ans. Opportunité, hasard ou nécessité guident les uns et les autres pour trouver leur accomplissement.

 


Jacques André Desbois 1797 - 1869 (maire de Cournon), tanneur

Jacques Aimé Henri DESBOIS est né le 18 décembre 1797 au Grand-Fougeray. En seconde noces, il épouse au Grand-Fougeray Marie-Françoise GRELLIER dont il aura neuf enfants. A son décès le 28 septembre 1869 à Cournon, il est dit : “demeurant à l'hôpital Saint-Jean, à Cournon“. Il est cultivateur, propriétaire et tanneur. Il est également maire de Cournon.

Joseph DESBOIS, son neuvième enfant né le 30 décembre 1833, épouse à Saint-Vincent-sur-Oust, le 9 février 1862, Jeanne Marie TORLAY dont il aura quatre enfants. Joseph est tanneur, négociant. Comme son père, il sera lui aussi maire de Cournon. Il décède le 23 septembre 1887 âgé de 53 ans.

Marie-Françoise DESBOIS, la plus jeune de ses quatre enfants, née le 7 novembre 1868 à Cournon, épouse le 3 juin 1902, Alexandre Louis Marie RAZÉ natif de Carentoir en 1872. 

Leur couple est recensé en 1906 à La Chapelle-Gaceline dont la population est à cette époque de 728 individus qui se répartissent en 177 ménages. Le couple est alors logé au lieu-dit de Cavalon.

 

maison 135, ménage 137

n° 540 - Razé Jean-Louis ° 1840 Carentoir, veuf , néant, (âgé de 66 ans)

n° 541 - Jarnier Jean-Louis ° 1866 Sixt chef de ménage fermier des Neulleus ????

n° 542 - Couëraud marie ° 1862 Carentoir, sa femme

maison 136, ménage 138

n° 543 - Jarnier marie ° 1899 Chapelle-Gaceline, fille

n° 544 - Jarnier Philomène ° 1895 Chapelle-Gaceline, fille

n° 545 - Jarnier Joseph °1898 Chapelle-Gaceline, fils

n° 546 - Jarnier Jean-Louis °1905 Sixt, fils

n° 547 - Razé Alexandre ° 1872 Chapelle-Gaceline, chef de ménage, meunier, patron (alexandre louis marie)

n° 548 - Desbois Françoise ° 1868 Cournon, femme, néant

n° 549 - Razé Alexandre ° 1909 Chapelle-Gaceline, fils

n° 550 - Razé François ° 1905 Carentoir, fils

n° 551 - Razé Joseph ° 1849 Carentoir, père (1843-1913 x Marie-Joseph Villerio)

n° 552 - Razé Joseph ° 1865 Carentoir, frère, charretier (chez A. Razé) (18/05/1865)

n° 553 - Rialet Jeanne ° 1871 Quelneuc, domestique de ménage

n° 554 - Noblet Joseph °1879 Treal, domestique charretier (chez A. Razé)

n° 555 - Payen Jean ° 1889 St-Just, domestique garçon-meunier (chez A. Razé)

n° 556 - Vincent jean-Louis ° 1887 Cournon, domestique, agriculteur

n° 557 - Mauboisin Jean ° 1892 Cournon, domestique, agriculteur

maison 138, ménage 140

n° 558 - Heligon Rose ° 1890 Carentoir, chef de ménage, néant

n° 559 - Cheval Jean ° 1860 Carentoir, fils propriétaire  ……..

Deux précisions :

Cette Marie-Joseph VILLERIO (n° 551 du tableau ci-dessus) mariée à Joseph RAZÉ (n° 551 du recensement de 1906) est la sœur de Jeanne-Marie VILLERIO épouse de Louis POLIGNÉ sabotier (1829) puis entrepreneur (marchand de bois), puis aubergiste en 1841 à l'hôtel des voyageurs, puis en 1856 cité comme propriétaire du moulin à grain et de la chamoiserie. Il est aussi propriétaire du bâtiment de l'ancienne gendarmerie qui abritera l'hôtel Bourrée du nom de son gendre.

Louis DANET époux de Louise GUÉZAY, est mentionné comme ouvrier tanneur. Un des témoins de son mariage en 1841 était Jacque Aimé DESBOIS.

 

Tous ces individus, qu'ils soient de La Gacilly, de La Chapelle-Gaceline, de Sixt ou de Cournon, de par leurs activités situées sur le bord de l'Aff (meunier, tanneur, blatier, marchand, négociant), de par leurs relations familiales (la fille de l'un convole avec le fils de l'autre), se connaissent et se côtoient au quotidien. Et cela pour certaines familles, sur plusieurs générations.

Jacques-Aimé DESBOIS assiste et est témoin à un mariage le 22 janvier 1841 à La Gacilly.

Il s'agit du mariage de Louis Danet Né le 13/02/1813 à La Gacilly fils de Joseph Danet (tailleur d'habits) et de Anne BOISMENÉ (journalière) ; Louis Danet est ouvrier tanneur. Il devait sans aucun doute être un des ouvriers travaillant pour Jacques-Aimé DESBOIS, patron tanneur.

L'épouse de Louis Danet est Louise GUEZAY née le 22/12/1800 (11 frimaire an IX), fille de Joseph GUEZAY né la 1/05/1804 au Henové en Guer et de Marie LABBÉ née le 6 janvier 1803 (21 nivôse an XI) à la Chaussée en Carentoir.


Guy Louis PIGNAUD chamoiseur 1789, tanneur 1793, chaudronnier, garde-champêtre

 

Louis Guy PIGNAUD est né en 1750 à Saint-Galmier dans le département de la Loire. Dans quelles circonstances est-il arrivé à La Gacilly ? Peut-être des évènements liés à la Révolution l'ont-ils amené à s'installer à La Gacilly. Marié avant 1784 à Françoise DAMOUR qui, elle, est originaire de Rochefort-en-Terre et dont il aura sept enfants. Il est cité d'abord comme chaudronnier, puis chamoiseur en 1789, et tanneur en 1793. Il exerce également la fonction de garde-champêtre (appellé ausssi “crieur public“ ou “tambour de ville“... Il était même parfois porteur de contraintes et même afficheur.

Il était un des nombreux tanneurs, témoins au mariage de Jean CHEVAL et Marie-Olive BIZEUL le 4 novembre 1794.

Comme d'autres individus il a plusieurs métiers qu'il exerce selon la saison, selon la demande. Son septième enfant, Jérôme est dit : “facteur en ville, garde-champêtre et commissionnaire“. Sa belle-fille Anne AUDRAN est dite “blanchisseuse“. Son petit-fils, autre Louis, né en 1816 et mort en 1894 est dit “jardinier, Garde-champêtre“. 

Un arrière petit-fils : Julien né vers 1864 et mort en 1904 est dit “tailleur de pierre“.

Son "profil“ d'abord de chaudronnier est-il lié à son installation à La Gacilly ? Rappelons que la chamoiserie a été construite en 1772, et qu'elle utilisait entre autres des cuves en bois cerclées de fer pour le trempage et le tannage des peaux.


Le Bout du Pont entre 1772 et 1778

Sur ce plan, c'est encore l'ancien Pont qui est représenté. Le nouveau pont sera construit en 1769. On distingue les parcelles 1531 (la chamoiserie) et 1532 (le Moulin) ainsi que la parcelle 1521 (maison à J. Siloret), la parcelle 1523 (maison à Julien Bizeul),

la maison de Louis Bourrée sur la rive droite de l'Aff.

Sur la rive gauche de l'aff, la parcelle 1525 (maison à Julien Bizeul) et la parcelle 1524 (Courtil du moulin à Pierre Soulaine)

plan du Bout du pont après 1869 et avant 1904 puisque l'on voit encore les bâtiments de la Chamoiserie (section E n° 1531) dont le propriétaire du bâtiment, alors réduit à l'état de masure, était Pierre-Marie Denis.

Il possédait également sur la rive gauche de l'Aff, le moulin de La Gacilly sur la parcelle duquel figure  un pont-bascule construit en 1895.

 

et le deuxième bâtiment  également  réduit à l'état de masure et qui appartenait aux héritiers de la veuve Bouché Aristide).

La veuve de Aristide Bouché est Julienne FAUCHET née 13 octobre 1830 à Carentoir mariée le 15 août 1875 à La Gacilly et décédée le 15 janvier 1903 à La Gacilly. Ce second mariage est sans descendance.

Julienne FAUCHET s'était au préalable mariée le 21 mai 1850 à Tréal à Théophile DONCKER  né à Dunkerque le 4 juin 1810 et décédé à La Gacilly le 20 février 1865. Il était négociant et demeurait au château de la Bourdonnaye dont il était régisseur.

Ce couple aura quatre enfants entre 1851 et 1863.

Alexina  DONCKER (1851-1943) mariée à Sévère JAMARD.

Emile Jacques François DONCKER  (1852-1885) marchand de fer, marié le 14 juillet 1875 à La Gacilly à Joséphine Marie Angélique SEVESTRE.

Henry Louis François DONCKER (1855-1930) négociant, marié à Fougères le 30 mai 1881 à Marie Françoise NOGRIX.

et Georges DONCKER (1863-1935) 

Les héritiers de la Veuve Bouché (à compter de 1889) sont les quatre enfants DONCKER, issus de son premier mariage. en 1850.

Certains plans du Bout du pont datés de 1878 sont annotés au crayon et évoquent Madame BOUCHÉ, veuve DONCKER (à compter de février 1865).

Sur ce plan de 1878 , le pont est le nouveau construit en 1869

Les édifices (en rose) qui sont expropriés (le moulin à farine, parcelle 1532 du cadastre). Les deux petits rectangles sont le coursier d'alimentation en eau don la largeur avait été portée à 1 m.

Le bâtiment de l'ancienne chamoiserie (parcelle 1531) est déjà supprimé.

On aperçoit la maison Bourrée-Coignard ainsi que l'hôtel Bourrée où s'installera la gendarmerie en 1884.

À la sortie du pont : en haut à droite, maison de Julien Bizeul, et sur la gauche la minoterie Denis.

Sur cette carte postale, en arrière-plan, la maison Poligné, à l'enseigne “Hôtel des Voyageurs“ qui ultérieurement après 1878 aura comme enseigne “Hôtel du Commerce“.

La petite maison aura comme enseigne en 1936 “Restaurant de l'Aff“. C'est devant cette maison qu'une automotrice du TIV déraillera. L'accident sera causé par un camion de l'entreprise de transport Mounier de Ploërmel.