Famille Étrillard

Tombe B7 4, cimetière de La Gacilly.

Une des plus grandes sépultures du cimetière, très large avec 3 stèles. Seules les inscriptions BELARD du PLANTYS ont été redorées. Les autres ont disparues, cachées par une couche de moisissure noire qu’il faut nettoyer pour les décrypter.

Commençons par la stèle centrale.

FAMILLE ETRILLARD - RABUAN du COUDRAY

Dame Marie TH RABUAN du COUDRAY

Epse de Mr El J Fie

ETRILLARD

3 9bre 1824-4 Jvier 1890

Marie Thérèse Victorine Rabuan du Coudray voit le jour le 3 novembre 1824 à Rennes. Son père Paul Marie est percepteur des contributions directes de l’arrondissement de Pacé. Sa mère est Angélique Anne Marie Roumain de la Rallaye. Les témoins sont son aïeul maternel François Félix Louis Roumain de la Rallaye, conseiller à la cour royale de Rennes, (en 1824, le roi Charles X vient de succéder à son frère le roi Louis XVIII), et son oncle maternel Emmanuel Marie Joseph Rabuan de la Grannière ancien négociant demeurant à Nantes. Les parents font partie des notables de Rennes. Marie Thérèse est la 10ème enfant du couple.

Elle se marie à Rennes le 6 juin 1853 à 22 ans. Ses 2 parents sont décédés et elle est propriétaire. Son mari, Emmanuel Étrillard, de La Gacilly, a 27 ans et est avocat.

Elle s’installe à La Gacilly chez son époux. Elle accouche de jumeaux mort-nés en 1854. Sa fille Marie Ange Héloïse Emmanuelle nait le 25 janvier 1855 à La Gacilly.

Son père Emmanuel est alors notaire à la Gacilly. Marie Ange se marie en 1873 avec Luc Frédéric Robert, le fils du maire Mathurin Robert. Luc est juge de paix à Redon en 1890. Veuve depuis 1907, elle décède le 27 juillet 1933 à La Gacilly. Il y a ces jours-là une vague de chaleur comme le précise le journal Ouest Éclair du 27 juillet 1933, à côté de l’avis d’obsèques de Marie Étrillard.

"Vous êtes priés d'assister aux obsèques de Mme veuve Luc ROBERT, née Marie ETRILLARD, décédée pieusement en son domicile place de la Mairie à la Gacilly le 27 juillet 1933, dans sa 79è année, et dont l'inhumation aura lieu le samedi 29 juillet en l'église de la Gacilly à 10 heures. De la part de Mme Gabriel Robert; du docteur et Mme Aillet, ses enfants; de M. et Mme Rocher, M. Yves Aillet, M. Henri Beer, ses petits-enfants; Mme veuve Ernest Étrillard, sa belle-sœur, et de toute la famille. Le présent avis tient lieu de faire-part."


Leur second enfant Frédéric Marie Auguste Emmanuel Étrillard nait le 8 septembre 1857 à La Gacilly.

Leur 3ème enfant, Ernest Lucien Marie Emmanuel Étrillard, voit le jour le 14 janvier 1860 à La Gacilly. Les 2 témoins sont de nouveau Constant Orinel, futur maire et Mathurin Robert, ancien maire.

Ce sont les seuls actes sur lequel figurent les signatures de 4 maires de La Gacilly : Mathurin Robert, Emmanuel Étrillard, Constant Orinel, Jean-Marie Rouxel.

 

A 20 ans, Ernest est clerc de notaire, mesure 1.67 et part le 10 novembre 1881 au 12ème cuirassé, la cavalerie lourde. Il a tiré le numéro 60 au tirage au sort du canton. Depuis 1872, le service militaire est obligatoire et le tirage au sort en détermine la durée, de 6 mois à 5 ans. Il passe brigadier un an plus tard. Il fait 4 années de service militaire jusqu’en septembre 1885. Il reprend ensuite ses études. Au recensement de 1886, il habite rue de la Bourdonnaye chez ses parents et est étudiant. Il se marie le 3 avril 1889 à Nantes avec Marie Joseph Veillon. Le 8 août 1889, il est témoin au décès de son frère ainé Frédéric. Il est alors commerçant. Ils auront 2 enfants : Emmanuel en 1894 et Ernest en 1899. Il est aussi témoin au décès de sa mère le 5 janvier 1890. Il est toujours commerçant à Nantes. Le 11 décembre 1906, au mariage de sa fille Marie Ange Madeleine à Nantes, il habite au 39 boulevard Victor Hugo. Il est fabricant d’eaux gazeuses.

 

Marie Thérèse Victorine Rabuan du Coudray décède le 4 janvier 1890 à La Gacilly. Les témoins sont son fils Ernest Étrillard et son beau-fils Luc Robert.


Sur la stèle de droite

Frédéric Mie Augte

ETRILLARD

Docteur Médecin

8 7bre 1857 9 Août 1889

Il nait rue de la Bourdonnaye à La Gacilly le 8 septembre 1857. Les 2 témoins sont Constant Orinel, futur maire et Mathurin Robert, ancien maire. Au recensement de 1881, à 24 ans, il est étudiant en médecine. Frédéric sera médecin à la Gacilly. Il reste célibataire et décède à seulement 31 ans le 29 août 1889. Il était probablement malade. Son frère Ernest qui habite Nantes est présent et témoin à son décès.


Passons sur le monument de gauche.

ETRILLARD Emmanuel Jean Frédéric

licencié en droit Officier d’Académie

Juge de paix honoraire

Ancien Maire de la Gacilly

24 juin 1828 - 7 juin 1910

Il est né le 24 juin 1828 à La Gacilly. Il est le fils de Pierre Étrillard, lieutenant d’artillerie et Marie Thérèse Seguin. Son grand père Séguin Beauval était un des meneurs révolutionnaires à La Gacilly.

Il fait ses études de droit à Rennes, il obtient une licence de droit. Avocat, Il se marie à Rennes le 6 juin 1853 avec Marie Thérèse Victorine Rabuan Du Coudray. 7 ans plus tard en 1860, il est notaire à La Gacilly. En avril 1869, il est nommé juge de paix suppléant du canton de La Gacilly en remplacement de M. Cheval décédé.

L’hôtel de ville de La Gacilly où siège aussi le juge de paix.

 

Le 30 avril 1871 ont lieu les élections municipales. Emmanuel Étrillard fait partie des 12 conseillers élus.

Il se présente à l’élection pour le poste de maire. Au 1er tour il obtient 4 voix contre 7 à Mathurin Robert, le beau-père de sa fille Marie. Mathurin refuse le poste. Au second tour Emmanuel Étrillard est élu à l’unanimité des 11 voix. M. Robert est élu adjoint à l’unanimité.

1874. Le pouvoir central, très conservateur, à Paris souhaite avoir des maires plus dans leur ligne de l’Ordre moral. Le 22 janvier 1874, la circulaire du cabinet de Broglie, 1er ministre demande aux préfets de faire usage de la révocation envers les maires qui s'opposent à la politique d'Ordre moral. Emmanuel Étrillard est révoqué. Le 22 février, Jean Marie Rouxel est nommé maire par le préfet.

 

Un maire orthodoxe, caricature d'Alfred Le Petit parue le 25 janvier 1874. L'auteur y brocarde la volonté des monarchistes d'avoir des maires acquis à leur cause.


1876. La victoire républicaine aux élections de 1876 porte les républicains conservateurs au pouvoir. Immédiatement, les radicaux réclament l'abrogation de la « loi des maires » et l'élection intégrale pour pouvoir relancer leur conquête des mairies. Après un vote difficile, la loi du 12 août 1876, appuyée par le cabinet et Jules Ferry, revient au régime institué par la loi Picard tout en maintenant prudemment la nomination des maires et des adjoints des chefs-lieux de canton.

Caricature du Grelot critiquant le peu d'entrain de la nouvelle majorité républicaine à la Chambre à s'attaquer à la législation de l'Ordre moral.

À La Gacilly, au conseil municipal, le 4 juin 1876, Léon Duval, le 1er conseiller dans l’ordre du tableau donne lecture d’une lettre du préfet du Morbihan et d’un décret de la présidence de la République française, qui nomme Emmanuel Étrillard maire de La Gacilly et Pierre Châtel adjoint en date du 26 mai 1876.


Le dimanche 23 janvier 1881 à 9 heures, le conseil élu après les opérations (élections) du 9 janvier, est installé. C’est le maire, Emmanuel Étrillard, qui donne lecture des résultats. Étrangement, il n’y a pas d’élection du maire ni de l’adjoint.

5 jours plus tard, le 26 janvier, le conseil se réuni sous la présidence de M. Étrillard, maire, après avis de M. le Préfet du Morbihan. Il y a donc encore une mainmise du gouvernement sur les élections municipales des chefs-lieux de canton. C’est la dernière fois que le pouvoir central intervient dans la nomination du maire à La Gacilly.

La fin de la nomination des maires tarde à se concrétiser. Le projet de loi « sur l'organisation municipale » est débattue pendant deux années supplémentaires ; elle est finalement adoptée sous le deuxième cabinet Ferry et devient la loi municipale du 5 avril 1884. Elle confirme l'élection de conseils municipaux comprenant 10 à 36 membres et institué pour quatre ans et des maires et adjoints en leur sein. La Famille Étrillard habite rue de la Bourdonnaye. On peut la suivre au travers des recensements. 1881: les 3 enfants dont les 2 garçons étudiants y sont recensés. La famille a 2 domestiques.

1886, Emmanuel, 58 ans est juge de paix. Seul leur fils Ernest est encore là. Il n’y a plus qu’une domestique de 21 ans.

1891, Emmanuel est désormais seul, tous les enfants s’en sont allés. Son épouse est décédée quelques mois avant. Emmanuel est juge de paix et a 2 nouvelles domestiques.

1896, pas de changement si ce n’est une des 2 domestiques.

1901, Emmanuel, à 72 ans, est toujours juge de paix.

1906, le dernier recensement pour Emmanuel, juge de paix du canton de La Gacilly à 77 ans.

Juge de paix, fonction supprimée en 1958. Les juges de paix avaient pour principale mission de régler les litiges de la vie quotidienne par une démarche conciliatrice : petites affaires personnelles et mobilières, reconnaissances en paternité, conflits bénins entre particuliers, litiges entre voisins, conflits entre locataires et propriétaires (les propriétaires se plaignant qu'ils n'ont pas reçu leur loyer, les locataires se plaignant de charges trop élevées par exemple), contraventions de simple police. Accessible gratuitement, le juge de paix était présent dans chaque canton.

 

Emmanuel est présent au mariage de sa petite-fille Marie Ange Étrillard avec Théodore Belard du Plantys en 1906.

Il décède le 7 juin 1910 à sept heures du soir à 82 ans, sa profession de juge de paix honoraire est mentionnée dans l’acte de décès. La déclaration de décès est faite par le docteur-médecin Henri Aillet de Cournon, 34 ans, son petit-fils et Albert Barbotin, propriétaire, 66 ans, et ancien maire de La Gacilly.


Roger BELARD du PLANTYS 1908 – 1999

Une des sœurs de Marie Thérèse Rabuan du Coudray, Joséphine Marie Ernestine épouse en 1858 à Rennes Théodore Marie François Belard du Plantys. Leur fils Théodore Paul Marie, né le 12 avril 1859 à Oisseau, Mayenne, épouse le 11 décembre 1906, à 47 ans, à Nantes, 4ème circonscription, Marie Ange Hélène Étrillard, 20 ans, la fille d’Ernest et petite fille d’Emmanuel. Théodore est receveur de l'enregistrement à Saint-Amand (Loir et Cher) en 1888, receveur de l’enregistrement, des domaines et du timbre à Condé sur Noireau (Calvados) en 1906. Receveur de l'enregistrement à Fontenay le Comte en 1910, 1912. Ancien receveur de l'enregistrement à Paris en 1913. Il décède avant 1930. Sa veuve Marie Ange Hélène Étrillard se remarie le 7 avril 1939 dans le 8ème arrondissement de Paris avec son beau-fils Jean Eugène Georges Belard du Plantys. Georges est le fils de son défunt mari né d’un 1er mariage.

Jean connait bien la famille Étrillard. En 1913, il a épousé la jeune sœur de Marie Ange, Ernestine, décédée avant 1939. En 1939, il se marie avec Marie Ange veuve de son père et donc sa belle-mère.

Leur fils Roger Pierre Marie Ernest nait à Nantes le 13 mai 1908. Son père Théodore, 49 ans, est alors receveur de l’enregistrement à Condé sur Noireau dans le Calvados. En 1915, il est admis à la retraite après plus de 33 ans de service (source journal officiel).


Sa maman Marie Ange Madeleine, 21 ans, accouche chez son grand-père Ernest Étrillard au 39 boulevard Victor Hugo dans le 4ème canton de Nantes. Roger décède le 8 mai 1999 à Malestroit.

Le 30 octobre 1930, il est adopté comme ses frères et sœur Pierre, Madeleine et André, par son demi-frère Jean Eugène Georges Belard du Plantys, né du 1er mariage de son père.

Roger se marie dans le 12ème arrondissement de Paris le 30 avril 1932 avec Claude Cécile Mathilde Georgi. Il décède le 14 mai 1999 à Malestroit et est inhumé à La Gacilly.


Jacques BELARD du PLANTYS 1949 - 1999

Jacques Marie Marcel est né le 5 août 1949 à Paris 9ème. Il décède à Ploërmel le 24 mai 1999. Il est probablement le fils de Roger et de Claude Cécile Mathilde Georgi.

Yvon Castel novembre 2023.

Sources : cimetière de La Gacilly, archives départementales du Morbihan, de Loire Atlantique, délibérations du conseil municipal de Nantes, délibérations du conseil municipal de La Gacilly, site Geneanet, journal officiel.