Les Patronymes anciens de La Gacilly, par Yvonick DANARD
A notre connaissance, le plus ancien document qui présente des noms de famille de la région de La Gacilly est un minu de 1401.
Un minu est un acte par lequel un vassal décrit les terres et biens qu'il tient de son suzerain. En l'occurrence, il s'agit de la description des biens possédés et des redevances perçues par feue dame Béatrice de Montauban, (épouse de Guillaume III de Montauban seigneur de La Gacilly), dont les héritiers rendent hommage au duc de Bretagne Jean V.
Les premiers registres paroissiaux existent dans certaines régions depuis le début du 14e siècle, mais c'est le roi de France François Ie par l'ordonnance de Villers-Cotterets prise en 1539 qui décide que les curés et recteurs de chaque paroisse tiendront, en français des registres de baptêmes contenant la date et l'heure de naissance, et que ceux-ci feront pleine foi.
Il faut attendre 1563 pour que le Concile de Trente décide l'enregistrement des mariages, et l'ordonnance royale prise à Blois par Henri III en 1579 pour l'enregistrement des sépultures.
L'ordonnance prescrivant l'enregistrement des baptêmes date de 1539, le premier registre de Carentoir dont dépendait la trève de La Gacilly a été ouvert en 1541, ce qui est rapide pour l'époque.
Le minu de 1401 indique les noms suivants, tout au moins ceux qui ont pu être déchiffrés.
A la « ville de La Gazeilli ».
Piot Cochet, Jouhan (Jean) Rebuffé, Guillaume Le Mestre, Piot Gueho, Jahan Fillastre, Guillaume Cornaut, Raoul Fillet, Guillo Moro (Moreau) ...
Au village de La Chapelle (Gaceline).
Guillo Allot, Jouhan Danart, Guillo Raoul, Joudo de Hillon, Guillo Le Dren ou Le Déen...
Au village de Lieuvix.
Eon et Johannet Saloux, Jean Glin, Olivier Mahé, Pierre Soulaine, Berthier Gicquel... et dans un autre village : Piot Pailloux, Jouhan Praut.
Certains noms sont encore portés de nos jours dans la région, plus de six cents ans plus tard !
A La Gacilly.
Cavalon (1681), très ancien nom, le Cartulaire de l'abbaye de Redon cite Catwallon vers l'an 800.
Auvray (1657), Ayoul (1674), Bahon (1649), Belavoir (1678), Bellesoeur (1682), Besnard (1685), Blanchard (1683),Boscherel (1676), Bruc (1663), Callot (1670), Collet (1687), Chesnais (1686), Chedaleu (1676), Cheval (1660), Chevalier (1649), Coué (1652), Coyac (1629), Dallérac (1665), Danard (1663), Dandin (1690), Devinel ( 1669), Epaillard (1656), Foliart (1649), Fréoul (1696), Garel (1650), Goupil (1668),Grimaud (1646),Grinsart (1682),Guilloux (1659),Hervé (1656) Hochet (1669), Huet (1649), Jaminais (1675), Jarnigon (1654), Jouin ( 1649), Jouvigné (1650), Legouère (1688), Méaude (1696), Michel (1657), Monnier (1679), Morel (1688), Morice (1696) Nicolas (1690), Noël (1676),Piguel (1697), Poligné (1667), Renaud (1670), Riaud (1674),Roblin (1646), Seguin (1657), Soulaine (1666), Tatart ou Tastart (1664), Thébaud (1663), Thomas (1672) Texier (1662), Vincent (1693).
Cette liste n'est pas exhaustive, et il est dommage que les actes de la seigneurie de La Bourdonnaye, devenue marquisat en 1717 soient introuvables, de nombreux renseignements supplémentaires auraient été découverts.
L'orthographe des noms patronymiques ne s'est véritablement fixée que lors de l'apparition des livrets de famille vers 1877 selon les départements; antérieurement l'orthographe du nom peut varier dans une même famille : Chesnais ou Chesnays.
Enfin, il est intéressant de consulter le cadastre ancien de la commune pour relever les noms de la micro-toponymie : Les champs, les bois, les chemins, les hameaux, chaque lieu porte un nom.
La commune de La Chapelle-Gaceline compte de nombreux noms de personnes devenus noms de lieux : les hameaux de Cavalon, l'Abbaye aux Saloux, l'Hôtel Béridel, la Métairie aux Joly
La Valinais; les lieux-dits : rue Soulaine, rue Saloux, rue Danard, à La Moraie, rue Besnard et rue Jouan à La Valinais.
Cette recherche peut également servir à la grande histoire, nous avons trouvé une « pâture des hussards » dans le cadastre établi de 1913 à 1933 à La Chapelle Gaceline. Il s'agit probablement d'un escadron de cavalerie qui a séjourné à cet endroit pendant la période révolutionnaire.
Yvonick Danard