HISTOIRE ET REPRESENTATION DE L’ECU GACILIEN
Rédacteur : Christian LE QUELLECVersion : juin 2009
Dernière correction : 24 juillet 2009
L’adoption des armoiries communales
Présentation du sceau d’origine
En 1454, la juridiction seigneuriale de la châtellenie de la Gacilly, utilisait pour ses actes officiels, un sceau aux armoiries de Marie de Rieux. Ce sceau, est décrit comme légèrement détérioré, par Martine Fabre dans sa thèse sur Héraldique médiévale bretonne (vers 1350-1500).
Ce blasonnement appelle les commentaires suivants :
- Dans le quartier 2, le vair qui est une fourrure toujours représentée par une alternance de clochettes argent et azur, a été confondu avec le vairé pour lequel les clochettes sont dans une combinaison émaux/métaux, autre, ici : or et azur. Cette confusion a provoqué une interprétation erronée de l’origine familiale de cette partie de l’écu : ce n’est donc pas la famille du Plessis d’Angier (comme on peut le lire dans certaines publications) qui est concernée mais la famille de Rochefort.
- Les émaux et métaux des différentes parties de l’écartelé ne sont pas énoncés. Ils sont symbolisés dans la gravure par des traits ou des points qui se substituent de manière conventionnelle aux couleurs.
- Michel Pastoureau signale, à ce sujet, dans son « Traité d’Héraldique » que la représentation conventionnelle par des traits et des points ne s’impose que lentement chez les graveurs, à partir du 17e siècle. Cependant, sans pouvoir l’expliquer, les traits et points gravés sur le sceau du 15e siècle de Marie de Rieux sont en accord avec la représentation conventionnelle qui traduit le rouge par des traits verticaux, l’or par des pointillés, en conséquence les besants sont donc bien jaunes, et non blancs, comme ils ont pu être représentés sur certains écus.
- La symbolisation du bleu étant faite par des traits horizontaux, on note que les clochettes azur sont pointe en bas sur le sceau alors que celles du vairé des armoiries portées par la famille d’origine, sont pointe en haut.
- Le nombre de besants est de 8, mais à la mise en place des armoiries de la commune, cette caractéristique a fait l’objet de beaucoup d’approximations : des écus ont été représentés avec 10 besants et d’autres avec 9 besants; ces interprétations sont erronées, puisque les armoiries adoptées par la commune sont celles portées par le sceau de la châtellenie, dont la caractéristique est d’avoir huit besants
Généalogie de Marie de Rieux
En 1374 Jean II de Rieux qui souhaite étendre son patrimoine et accroître la puissance de sa famille épouse la riche et unique héritière Jeanne de Rochefort qui, de son coté, veut que le nom de sa famille survive.
Le Mariage
Leur fille, Marie de Rieux (1387-1465) épouse en 1414 Louis d’Amboise qui est seigneur d’Amboise et vicomte de Thouars. La vicomté de Thouars a été apportée lors du mariage d’Isabeau de Thouars et d’Engelger Le Grand seigneur d’Amboise, en 1373.
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Le blason de Louis d’Amboise est : Ecartelé au 1 & 4 palé or et gueules, au 2 & 3 d’or semé de fleurs de lys d’azur au franc-canton de gueules. |
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- Le vairé Rochefort est à plusieurs tires de clochettes or et azur dont les clochettes azur sont pointes en haut. Il est ici réduit à un vairé à deux tires de clochettes or et azur à clochettes azur pointes en bas.
- C’est sans doute pour des raisons de commodité technique que, dans le quartier 4 de forme arrondie, les besants sont au nombre de 8, au lieu des 10 besants utilisés d’une façon générale par la famille Rieux. Mais il faut savoir qu’au cours de l’histoire de la famille Rieux puis Rieux-Rochefort, le nombre de besants, a évolué constamment pouvant être de 5, 6, 9, ou 10 besants suivant les alliances et les individus.
Définition des armoiries de la commune
La représentation héraldique a pour but l’identification rapide du détenteur propriétaire des armoiries, qui peut-être une famille, une communauté, un individu. Aussi la commune de la Gacilly ayant adoptée les armoiries gravées du sceau de la châtellenie de La Gacilly, il y a lieu de respecter strictement le blasonnement. La représentation graphique de ce sceau doit donc se faire avec huit besants et les pointes des clochettes azur doivent être dirigées vers le bas. En conclusion, le blason des armoiries de la commune de La Gacilly, s’énoncera de la façon suivante :
Petit lexique héraldique
| Héraldique |
C’est une science dont le langage s’appelle le blason. |
| Armoiries ou armes |
« Ce sont des emblèmes en couleurs, propres à une famille, à une communauté plus rarement à un individu et soumis dans leur disposition et dans leur forme à des règles précises qui sont celles du blason...Elles sont toujours représentées sur un écu. » |
| Ecu | Surface délimitée par un périmètre variable et sur laquelle se place les armoiries. |
| Ecartelé | L’écu est partagé par une ligne verticale et une ligne horizontale qui se coupent à angle droit en quatre quartiers comptés de gauche à droite en haut 1,2 en bas 3, 4. |
| Blason |
Définit l’ensemble des règles, termes et figures héraldiques ; par extension c’est la description en termes héraldiques des armoiries. |
| Blasonner |
C’est décrire en mots héraldiques les armoiries. |
| Emaux | Ce sont les couleurs utilisées en héraldique (gueules, rouge, azur, bleu). |
| Métaux |
L’or et l’argent qui sont souvent représentés par le jaune et le blanc. |
| Dextre |
Droite du porteur de l’écu, à gauche pour celui qui regarde l’écu. |
| Senestre | Gauche du porteur de l’écu, à droite pour celui qui regarde l’écu. |
| Tires |
Nom donné à chacune des rangées horizontales du vair et du vairé. |
| Fourrure | Combinaisons d’émaux et de métaux associés de manière stylisée et conventionnelle destinées à rappeler les pelleteries dont les combattants recouvraient autrefois leurs écus au 12e et 13e siècle. Les deux fourrures principales sont le vair et l’hermine. |
Références
- Armorial Rietstap.
- Armorial de Bretagne.
- Armorial des communes du Morbihan 1999 Froger et Pressensé
- Recueil de généalogie du cabinet Lannion Société Polymathique
- Biographie bretonne, in tome II-18.
- La famille Rieux au Moyen-Age Gwénaël Guillaume tome CXXIX.2003
- Bulletin & mémoires du Morbihan Société Polymathique
- Sources ADIV 6J26 (1454).
- La Bretagne, itinéraire de monsieur Dubuisson- Aubenay P.U.R.,SHAB 2006.
- Livre d’Heures de Marie de Rieux, tome CXXIX. 2004 bulletin & mémoires du Morbihan Société Polymathique.
- Traité d’Héraldique, éd. 2003: livre I chap. II §1 p 47 Michel Pastoureau
- Héraldique médiévale bretonne (vers 1350-1500), thèse Paris 1993 Martine Fabre
La petite histoire de l’adoption des armoiries communales
Monsieur Yves Rocher, étant maire, veillant à l'embellissement de la cité, décide avec son conseil municipal de la mise en place de nouvelles plaques de rues. Cette opération est techniquement prise en charge par la Direction Départementale de l'Equipement de Redon. Son directeur monsieur Le Roch téléphone donc à monsieur Thierry pour qu’il lui communique des photographies des armoiries qui ornent les anciennes halles « Baltard » accolées à l'ancienne mairie, afin de les reproduire sur les nouvelles plaques. Monsieur Thierry lui fait alors remarquer que ces armoiries sont celles de la ville de Nantes. Comme la commune n’a pas d'armoiries connues, il est décidé, en hâte, d'utiliser le sceau de la châtellenie de La Gacilly dont la reproduction est publiée dans le livre de l'abbé Le Claire. Ce sceau daté de 1454, est armorié aux armes de Marie de Rieux.
C'est à partir des traits et des points qui apparaissent sur l'image du sceau que monsieur Thierry, qui est initié à l'héraldique, détermine les émaux et métaux. Peu de temps après, une mauvaise interprétation de la description des armoiries, faite par téléphone, transforme les besants d'or en besants d'argent. En conséquence, certaines plaques de rues seront réalisées avec des besants blancs.
Dans les délibérations du conseil municipal, de cette époque n'apparaît pas d'officialisation formelle. L'officialisation peut-être considérée comme faite au cours des années 1977-78 par la commande d'assiettes et de cendriers armoriés, réalisés par monsieur Châtain, artisan céramiste installé à La Gacilly en 1975. Puis elle a été confirmée publiquement, lors de la remise des prix du concours des Villes Fleuries en 1979: une lettre du maire, accompagnait la remise d'une assiette décorée avec l'écu de la Gacilly. En 1993, authentifiant le choix, un blason mural en grès émaillé et verre taillé est commandé à la société Créaser. Ce blason décore un mur du hall d'entrée de la mairie. Puis un autre blason sur un grand panneau plastique est réalisé, mais la représentation en est erronée puisque le nombre de besants est de neuf.
En 1982 le président du cabinet Regain de Bourg en Bresse intervient de sa seule initiative. Il ne donne pas une explication claire et étayée de l'origine familiale du quartier contenant le vairé et il écrit que ces armoiries sont celles de la famille Du Plessis d'Angier, famille qui ne concerne en aucune manière l'histoire du blason. Fâcheusement cet avis sera repris dans tous les textes écrits ultérieurement pour expliquer une partie de l'origine des armoiries.







